morbide

morbide

morbide [ mɔrbid ] adj.
• 1810; « malade » XVe; lat. morbidus
1Méd. Relatif à la maladie. État morbide. pathologique.
2Cour. Anormal, causé par un dérèglement psychique. dépravé. Curiosité morbide. maladif, malsain. Goûts morbides. pervers.
3Qui flatte les goûts dépravés. Littérature, spectacle morbide. malsain.
⊗ CONTR. 1. Sain.

morbide adjectif (latin morbidus, de morbus, maladie) Qui relève de la maladie, la caractérise ou en résulte : État morbide. Qui a un caractère malsain, anormal : Curiosité morbide. Une littérature morbide.morbide (synonymes) adjectif (latin morbidus, de morbus, maladie) Qui relève de la maladie, la caractérise ou en résulte
Synonymes :
Qui a un caractère malsain, anormal
Synonymes :
- frelaté
Contraires :

morbide
adj.
d1./d MED Qui tient de la maladie. état morbide.
d2./d Qui provient d'un dérèglement de l'esprit, de la sensibilité, de la volonté. Curiosité, jalousie morbide.
d3./d Moralement malsain. Littérature morbide.

I.
⇒MORBIDE1, adj.
A.MÉD. (domaine somatique et psychol.)
1. Qui a rapport à la maladie. Synon. pathologique (lang. méd.).
a) Qui concerne les caractéristiques, les manifestations, le résultat de la maladie. La parenté morbide prouvée entre la goutte et le diabète suffit à expliquer ce fait (LE GENDRE ds Nouv. traité Méd. fasc.7 1924, p.398). La réceptivité morbide est fonction du degré d'immunité (AVIRAGNET, WEIL-HALLÉ, MARIE ds Nouv. traité Méd. fasc.2 1928, p.653). La réaction contre cette seconde tendance donne une passion de la propreté et une aversion extrême pour la malpropreté, d'où se forme parfois un complexe morbide de pureté (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.144).
SYNT. Caractère, phénomène, processus, signe(s), symptôme(s), trouble(s) morbide(s); crise, évolution, phase, réaction morbide; léthargie, manie, obsession morbide.
[P. méton.] Mais il manque au tableau morbide des éléments essentiels et cachés: la lésion cérébrale que ferait attendre cette paralysie, l'ulcère qui justifierait ces vomissements, l'altération d'organe qui légitimerait cette cécité (MOUNIER, Traité caract., 1946, p.383).
b) Qui concerne la cause de la maladie. Agent, germe, poison, virus morbide; hérédité morbide. Enlèvement des nerfs du rein chez le chien; mort par empoisonnement; injection de la substance rénale morbide. Ce qui produit ce fait singulier que l'ablation d'un rein ne tue pas, tandis que la section des nerfs d'un rein tue (Cl. BERNARD, Notes, 1860, p.126). On croit pouvoir agir sur l'organisme en évacuant la cause morbide. C'est une cause morbifique qu'il faut combattre (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., 1878, p.131).
2. [P. méton.]
a) [En parlant d'animés] Qui est atteint de maladie. C'est la guerre immense et nécessaire que fait l'insecte à toute vie morbide ou encombrante qui serait un obstacle à la vie (MICHELET, Insecte, 1857, p.367).
b) [En parlant d'une pers., de ses traits] Qui donne l'apparence de la maladie en général; qui manifeste un état maladif. La tête [du comte dans Hogarth, Le mariage à la mode], pâle, exténuée, morbide (...) se détache du chambranle grisâtre de la cheminée (GAUTIER, Guide Louvre, 1872, p.335).
B.P. anal., souvent péj.
1. Qui dénote un déséquilibre mental, un dérèglement anormal. Anton. sain, normal. Attachement, désir, imagination, penchant, plaisir, sentiment morbide. Le classicisme et le romantisme; l'un sain, normal et «normatif» (...), l'autre désordonné, excessif, morbide (Ch. LALO, Esthét. mus. sc., 1908, p.19). Un humanitarisme morbide rongeait la distinction du bien et du mal, s'apitoyait devant la personne «irresponsable et sacrée» des criminels, capitulait devant le crime et lui livrait la société (ROLLAND, J.-Chr., Foire, 1908, p.764).
Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. De là résulte chez les nouveaux [écrivains] un je ne sais quoi d'effréné, de douloureux, une recherche de l'émotion morale et physique, qui est allée s'exaspérant jusqu'au morbide (BOURGET, Disciple, 1889, p.89).
2. Qui dénote ou flatte des tendances malsaines, des goûts dépravés. Synon. immoral, pervers; anton. sain, normal. Curiosité, goût morbide.
[En parlant de production de l'esprit] Histoire, littérature morbide. Tout ce vague, cette poésie morbide me débilitaient (ARNOUX, Gentilsh. Ceinture, 1928, p.195).
♦[P. méton.] C'était [chez Goncourt] un style perspicace et morbide, nerveux et retors, diligent à noter l'impalpable impression qui frappe les sens (HUYSMANS, À rebours, 1884, p.241). M.Huysmans, ce morbide aquafortiste (BOURGET, Nouv. Essais psychol., 1885, p 138):
♦ ... je me suis demandé pourquoi son pays s'est montré si injuste à son égard [d'E. Poe]. Sans doute, les lecteurs d'ici [New York], le trouvent morbide et il déplaît à l'Amérique d'être représentée par un poète aussi malsain.
GREEN, Journal, 1941, p.57.
REM. 1. Morbidisme, subst. masc., hapax. Goût malsain, penchant pour le morbide. Et on entrevoit si bien le complexe. Je ne sais pas si vous le sentez comme moi, mais il y a un érotisme sous-jacent, un morbidisme sobre (AYMÉ, Travelingue, 1941, p.182). 2. Morbifuge, adj. hapax. Qui chasse la maladie. On appliquait (...) au vin de Beaune les laudatives épithètes de vin «nourrissant, théologique et «morbifuge» (...). [Le vin] est exalté dans maintes pages de la Bible (HUYSMANS, Oblat, t.2, 1903, p.108). 3.Morbigène, adj., méd. Qui engendre, qui favorise la maladie. Synon. morbifique. Contact morbigène; substance morbigène. Vous avez beau enlever l'individu à la condition qui l'avait formée, la maladie suivra désormais son cours. Toutefois il n'en sera pas moins utile de soustraire l'individu à la condition morbigène, parce que (...) la maladie (...) pourra se terminer plus heureusement (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., 1878, p.162).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. 1486 «malade» (La tresample et vraye Expos. de la reigle M. S. Ben., f° 84a ds GDF.), attest. isolée; 2. 1810 «qui appartient à la maladie, la caractérise ou en résulte» (J. CAPURON et P.-H. NYSTEN, Nouveau dict. de méd., de chir. et de chimie d'apr. FEW t.6, 3, p.124b); 3.1836 au fig. «qui a un caractère anormal, malsain» (BALZAC, Lys, p.112). Empr. au lat. morbidus «malade, malsain», dér. de morbus «maladie».
DÉR. Morbidement, adv. De façon morbide, maladive. Synon. maladivement. Morbidement sensible. Il m'est beaucoup moins désagréable de supporter un fait matériel que d'en parler. Cela (...) me devient morbidement intolérable (...) au fond «tout ce que vous voudrez pourvu qu'on n'en parle pas» (DU BOS, Journal, 1923, p.317). Il peut arriver que des individus isolés, inadaptés, solitaires, morbidement accrochés à leur enfance et repliés sur eux-mêmes, cultivant un goût plus ou moins conscient pour une certaine forme d'échec, parviennent, en s'abandonnant à une obsession en apparence inutile, à arracher et à mettre au jour une parcelle de réalité inconnue (SARRAUTE, Ère soupçon, 1956, p.154). []. 1res attest. 1839 méd. «de manière morbide» (Journ. de méd. et de chir. pratiques, X, 363 ds QUEM. DDL t.8), 1883 au fig. (HUYSMANS, Art mod., p.96); de morbide1, suff. -ment2.
BBG. — HOPE 1971, p.293.
II.
⇒MORBIDE2, adj.
BEAUX-ARTS. [En parlant des chairs, de la manière dont elles sont rendues] Qui a de la morbidesse, un aspect velouté, à la fois souple et délicat. [Les artistes florentins] ont ignoré le nu, hormis celui des éphèbes, ou quand ils le peignent, ce sont les nus de Botticelli, morbides ou transparents comme une ombre (GILLES DE LA TOURETTE, L. de Vinci, 1932, pp.29-30).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1690 beaux-arts (FUR.). Empr. à l'ital. morbido «mou, souple, malléable» (dep. le XIIIe s., GIAMBONI ds BATT.), aussi «beau, harmonieux, délicat» (surtout à propos du corps ou du visage des femmes ou des enfants; id., GUITTONE D'AREZZO, ibid.), d'où «qui se caractérise par le raffinement des coloris, ou l'harmonie des proportions» (à propos des oeuvres d'art, dep. 1550, VASARI, ibid.), du lat. morbidus (morbide1) qui prit aux VIIIe-IXe s. le sens de «mou, souple» (d'apr. DEI).
STAT.Morbide1 et 2. Fréq. abs. littér.:396. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 19, b) 738; XXe s.: a) 629, b) 893.

1. morbide [mɔʀbid] adj.
ÉTYM. XVe, « malade »; lat. morbidus.
1 (1810). Méd. Relatif à la maladie. || État morbide. Pathologique. || Conditions (→ Idiosyncrasie, cit. 1), miasmes morbides (→ Loin, cit. 29). || Agent morbide. Morbifique.
2 (Mil. XIXe). Cour. Anormal, causé par un dérèglement psychique. Dépravé. || Curiosité, imagination, jouissance (cit. 4) morbide. Maladif, malsain. || Goût morbide pour certains excitants (→ Malacie, pica).
0 Les maladies psychiques imitent à ce point la santé, les plus grands sentiments, le langage le plus lucide, qu'on douterait des frontières entre la maladie et la santé; tous nos sentiments apparaîtraient facilement comme morbides.
J. Chardonne, l'Amour du prochain, p. 130.
3 (XXe). Par ext. Qui flatte des goûts dépravés, qui indique un goût pour ce qui est jugé anormal, inquiétant. || Littérature morbide. Malsain.Subst. || Le morbide et l'anormal (cit. 3).
CONTR. Sain.
DÉR. Morbidement, morbidité.
HOM. 2. Morbide.
————————
2. morbide [mɔʀbid] adj.
ÉTYM. 1690; ital. morbido « délicat, souple ».
Arts. Vx. Qui a de la morbidesse. || Chairs morbides.
HOM. 1. Morbide.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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